Article publié le 01/06/2026

Les récifs coralliens, un sujet d'actualité

Un bilan des suivis de l’impact des épisodes de blanchissement corallien aux Antilles françaises de 2023 à 2025 a été produit (Amandine Vaslet, 2026). Ce rapport rend compte d’un déclin majeur des communautés coralliennes aux Antilles françaises : entre 70% à 80% des colonies de coraux ont été affectées par le blanchissement de 2023 qui a conduit à une mortalité corallienne de 29 à 34%. Le 2ème phénomène de blanchissement consécutif de 2024 a provoqué une mortalité corallienne de près de 35% (Bouchon et al. 2025).

Face aux pressions accrues et plurielles qui menacent les récifs coralliens, la Fondation de la Mer en partenariat avec l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens), présidée par le ministère de la Transition écologique et celui des Outre-mer, se mobilisent pour la conservation et la restauration de ces écosystèmes. Ils ont créé, en 2021, la plateforme de financement SOS Corail qui permet au grand public et aux acteurs privés de s’engager en faveur de projets de protection des récifs coralliens, mangroves et herbiers marins situés dans les Outre-mer.

Les coraux, des animaux essentiels à la vie sur terre

Malgré leurs allures de fleurs marines, les coraux sont des animaux. Ils sont formés de colonies de polypes, semblables à de mini-anémones qui fabriquent un squelette commun en carbonate de calcium.

Derrière le terme corail, se cache une grande diversité d’espèces et de formes. Les coraux durs, constructeurs de récifs, vivent proches de la surface dans les eaux peu profondes des zones tropicales. Ils vivent en symbiose avec des microalgues, appelées zooxanthelles, présentes dans leurs tissus et qui leurs donnent leur incroyable couleur. Ces algues captent la lumière du soleil pour leur photosynthèse, et produisent des composés organiques dont une partie est utilisée par le corail. Ces derniers bénéficient jusqu'à 90-95% de ces composés pour se nourrir et bénéficie également de l’oxygène produit lors de la photosynthèse de ces algues pour leur respiration.

À l’origine de nombreux services écosystémiques, les récifs coralliens fournissent des ressources alimentaires et économiques, freinent les vagues en absorbant leur énergie, contribuant ainsi à la réduction de l’érosion des littoraux et à l’atténuation des dégâts en cas d’évènements extrêmes.

Les récifs coralliens et leurs services sont grandement menacés. Près de 14% des récifs coralliens ont disparu entre 2009 et 2018, en raison de l’augmentation de la température de l’eau. Depuis 1860, la température moyenne de l’Océan a déjà augmenté de 0,5°C. Les coraux sont très sensibles à cette augmentation, quelques degrés de plus ont des conséquences en cascade. En mars 2024, une température moyenne de 21,07 °C a été mesurée à la surface de l'Océan, selon des données de l'observatoire européen Copernicus. Ce plus haut historique a battu au passage le précédent record de 21,06 °C, établi en février de la même année.

Réchauffement des eaux, une menace pour la bonne santé des coraux

L’augmentation brutale de la température de l'eau provoque un stress thermique chez les coraux, entrainant ce qu'on appelle le blanchissement, l’une des principales conséquences visibles du réchauffement climatique. Ce stress thermique perturbe la symbiose entre le corail et ses zooxanthelles, qui sont alors expulsées des tissus coralliens. Le corail perd ainsi une grande partie de son apport énergétique fourni par ces zooxanthelles.

Les pigments de ces microalgues donnent en partie leurs couleurs aux coraux. Lorsqu’elles sont expulsées des tissus du corail, ce dernier ne conserve que ses propres pigments, ce qui peut d'abord lui donner des couleurs plus pâles ou pastel, parfois fluorescentes. Si le stress thermique persiste, les tissus coralliens deviennent progressivement transparents, laissant apparaître son squelette calcaire blanc, le corail est alors dit « blanchi ».

Le blanchissement corallien ne conduit pas systématiquement à la mort du corail. Si le stress est de courte durée, il est possible que le corail accueillent à nouveau des zooxanthelles, reprenant ainsi ses couleurs, retrouve ses apports énergétiques et peut donc survive. En revanche, lorsque le stress thermique est intense et se prolonge, les réserves énergétiques du corail s'épuisent progressivement, ce qui peut entrainer sa mort. 

Selon le GIEC, les canicules marines seront 20 fois plus fréquentes dans les années à venir, même si l’augmentation des températures atmosphériques est contenue à 2°C et s’ajouteront au réchauffement continu des eaux. Une hausse moyenne de 1,5°C de la température de l’eau de surface entraînerait la disparition ou la forte raréfaction de 70% à 90% des espèces de coraux. Après leur mort, il ne reste que les squelettes coralliens qui sont colonisés à leur surface par des algues qui peuvent proliférer et gêner les coraux voisins encore vivants. Sur le long terme, cette prolifération algale peut appauvrir l’écosystème et modifier la biodiversité.

La rupture de la symbiose corail-zooxanthelles et le blanchissement qui s’en suit, ne sont pas les seules manifestations des effets du réchauffement de l’eau sur les coraux. La reproduction de l’animal en est aussi perturbée. En effet, des températures élevées, peuvent réduire le succès de la fécondation, altérer le développement des embryons et des larves et augmenter la mortalité des jeunes stades de développement. Ces perturbations fragilisent le renouvellement des populations de coraux et compromettent, à long terme, la survie des récifs coralliens.

SOS Corail, une solution pour répondre à l’urgence

Les effets du réchauffement de l’eau sur les coraux ne sont pas homogènes à l’échelle de la planète, en raison de variations différenciées des températures, de la résistance surprenante de certaines espèces de coraux, ou des conditions environnementales plus locales. Les récifs coralliens du Pacifique sont, par exemple, à ce jour mieux préservés car moins soumis aux menaces anthropiques, en comparaison de ceux se situant dans les Caraïbes.

Toutefois, l’urgence est là pour l’ensemble des récifs ! Tous subissent les conséquences du changement climatique et plus largement des pressions anthropiques. La France, grâce à ses collectivités d’Outre-Mer, est le 4e pays au monde pour ses récifs coralliens, et joue un rôle stratégique pour leur préservation. C’est dans cette optique qu’a été créée en 1999, l'Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR).

SOS Corail présente des projets qui concernent très concrètement la restauration de récifs coralliens ou des écosystèmes associés ainsi que des actions de sensibilisation et d’éducation aux bonnes pratiques.