Accueil> Toutes nos actualités>JOURNÉE MONDIALE DE LA TORTUE : LA FONDATION DE LA MER MOBILISÉE POUR LES TORTUES MARINES JOURNÉE MONDIALE DE LA TORTUE : LA FONDATION DE LA MER MOBILISÉE POUR LES TORTUES MARINES Retour vers « les actualités » Article publié le 21/05/2026 A l’occasion de la journée mondiale de la tortue qui a lieu chaque année le 23 mai, la Fondation de la Mer appelle à une grande mobilisation autour des enjeux de protection des tortues marines. Des espèces emblématiques des écosystèmes marins Les tortues marines peuplent presque toutes les régions de l’Océan et sont des régulateurs clés des écosystèmes marins. Chacune des 7 espèces joue un rôle spécifique, notamment par son régime alimentaire. Les tortues vertes entretiennent les herbiers marins via le broutage, les tortues imbriquées favorisent le maintien en bonne santé des récifs coralliens en se nourrissant d’éponges de mer, et les tortues luths limitent la prolifération de méduses. Ensemble, elles transfèrent des nutriments des zones marines vers les écosystèmes côtiers, notamment sur les plages de nidification, où les œufs, enrichissent le sol et soutiennent la végétation dunaire. Aujourd’hui, elles sont particulièrement menacées par les activités humaines, particulièrement l’urbanisation côtière qui conduit à la destruction de leurs habitats et de leurs zones d’alimentation. Les captures accidentelles par les engins de pêche, le braconnage, les collisions avec les navires ou la pollution marine - en particulier causée par le plastique et le déversement de produits chimiques en mer - présentent également des menaces. Les effets du changement climatique ont aussi des répercussions multiples : détérioration des écosystèmes marins, migrations vers des eaux plus froides et augmentation de l’érosion du littoral. Il est urgent d’agir, car 6 des 7 espèces de tortues marines figurent sur la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN, dont 2 sont en danger critique d’extinction (la tortue imbriquée et la tortue de kemp). Ce que la Fondation de la Mer a rendu possible Face à ce constat, la Fondation de la Mer lutte pour la préservation des tortues marines en soutenant depuis 2022 plusieurs projets de protection de ces espèces en France et en Afrique via son Programme Tortues. En Méditerranée française, des campagnes de prospection permettent de repérer les nids, de protéger les sites de ponte et de suivre les émergences des tortillons. En 2025, 11 activités de pontes ont été recensées le long des plages françaises, dont 6 ayant conduit à une émergence de tortillons. En République du Congo, la Fondation de la Mer soutient également des actions menées dans le Golfe de Guinée, sur des plages majeures de ponte pour les tortues luths et olivâtres. Entre septembre 2024 et mars 2025, 791 nids ont été recensés sur 15 plages suivies. Des équipes sur le terrain, engagées pour les tortues marines A l’occasion de cette Journée mondiale de la tortue, la Fondation de la Mer donne la parole à deux associations qu’elle soutient. “Les tortues marines sont des ambassadrices de nos océans” Pour Nathalie Mianseko, directrice de l’association RENATURA en République du Congo, protéger les tortues marines revient à préserver tout un équilibre écologique et humain : “les tortues marines sont des ambassadrices de nos océans. En protégeant ces espèces, c’est tout un équilibre qui est préservé, équilibre dont dépendent les pêcheurs artisans, les femmes transformatrices, les commerçantes…” Depuis 2005, l’association agit aux côtés des communautés locales pour protéger les plages de ponte, lutter contre les captures accidentelles et sensibiliser les populations et les jeunes. Sur le terrain, les menaces restent très présentes. L’équipe de RENATURA observe chaque année des centaines de tortues retrouvées mortes sur les plages (plus de 200 en 2025), victimes de la pêche illégale ou de la pollution plastique : “les déchets représentent un lourd fléau pour ces animaux qui les confondent avec leur nourriture” explique Nathalie Mianseko. Néanmoins, elle garde espoir en affirmant que les solutions locales, concertées et adaptées à chaque contexte ont largement montré leur efficacité. Elle rappelle qu’il est important de prévenir les autorités ou les associations comme RENATURA en cas d’observation de tortues marines. Cela permet de relayer l’information et de collecter des données précieuses pour mieux adapter les actions de conservation. Retour à la mer de deux tortues vertes juvéniles dans la Baie de Loango ©️ Renatura “Mieux connaître pour mieux protéger” Même conviction du côté de Sidonie Catteau, déléguée générale de l’association ÉMERGENCE, engagée dans le suivi scientifique des tortues marines en mer Méditerranée française. “La biologie de la conservation est une vraie solution pour la préservation de la biodiversité, avec comme fondement : mieux connaître pour mieux protéger”. Le suivi des pontes, l'identification des menaces et la collecte de données scientifiques permettent de mieux adapter les mesures de conservation et de permettre une mobilisation transfrontalière. Pour Sidonie Catteau, la pollution marine reste aujourd’hui l’une des menaces les plus visibles : “100% des tortues marines échouées mortes présentent des déchets dans leur système digestif”. Plus largement les menaces sont concrètement liées à la surexploitation non consciente de notre environnement, où nos habitudes de vie ne prennent pas toujours en compte les autres espèces au sein de l’écosystème. Elle rappelle également que chacun peut agir au quotidien en réduisant ses déchets, en limitant la pollution lumineuse en mer causée par les bateaux, et en ralentissant la vitesse de navigation, le tout en apprenant à observer la biodiversité qui nous entoure. “L’observer, c’est en prendre conscience”. Tortue blessée (possible collision avec un navire ou capture accidentelle) La survie des tortues marines dépend de notre capacité collective à protéger les milieux marins. En soutenant la Fondation de la Mer, vous pouvez vous aussi contribuer concrètement à la protection des plages de ponte, au sauvetage des tortues blessées ou encore à la lutte contre les captures accidentelles. Les associations soutenues oeuvrent pour mener ces actions à différentes échelles, tout en relayant les bonnes pratiques. Vous aussi, participez à la protection des tortues marines en faisant un don à la Fondation de la Mer pour soutenir ces initiatives ! Vous avez aimé cet article ? Recevez nos articles tous les mois ainsi que les actualités liées à l'Océan dans votre boîte mail, inscrivez-vous à notre newsletter ! Légende la photo de couverture :Tortue imbriquée des eaux de Tubbataha (Philippines) Copyright : Alexis Rosenfeld Province de Palawan - Récifs de Tubbataha - Philippines. De nombreuses tortues marines vivent dans les eaux de Tubbataha, et plus généralement aux Philippines. On trouve essentiellement deux espèces, la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) et la tortue verte (Chelonia mydas). il s'agit ici d'une tortue imbriquée reconnaissable à ses quatre petites écailles entre les yeux, ainsi qu'à ses écailles superposées. Partager cet article: Partager sur FacebookPartager sur TwitterEnvoyer à un amiCopy to clipboard Poursuivez votre lecture Agir localement pour préserver les mangroves de Martinique 07.05.2026 Lire la suite Pêche au krill : une ruée de navires-usines menace l'équilibre de l'océan Austral 28.04.2026 Lire la suite Pollution plastique : Bilan du réseau de la Fondation de la Mer 30.03.2026 Lire la suite Voir toutes les actualités