Accueil> Toutes nos actualités>POLLUTION PLASTIQUE : QUELS EFFETS SUR LA SANTÉ HUMAINE ? POLLUTION PLASTIQUE : QUELS EFFETS SUR LA SANTÉ HUMAINE ? Retour vers « les actualités » Article publié le 08/06/2026 Chaque minute, entre 15 et 18 tonnes de plastique sont déversées dans l’Océan, soit l’équivalent d’un camion-poubelle. Une fois en mer, le plastique se fragmente sous l’effet de la chaleur et des courants, en particules de plus en plus petites : les micro-plastiques (inférieurs à 5 mm) et les nano-plastiques (invisibles à l'œil nu). Cette pollution n’impacte pas que l’environnement et les espèces marines ou terrestres, elle pose également des questions de santé publique. Une menace invisible omniprésente Les minuscules particules de plastiques, issues majoritairement des activités humaines terrestres, proviennent de la dégradation des déchets plastiques, mais également d’autres sources. 35% des microplastiques primaires proviennent du lavage des vêtements synthétiques, 28% de l’usure des pneus et 2% des produits de soin contenant des microbilles ajoutées volontairement. (Parlement européen, 2025). Les particules sont ensuite transportées par les eaux de ruissellement, les eaux usées ou encore par l’air, finissant leur course dans les milieux marins et transformant l’Océan est un immense réservoir de micro et nano-plastiques. Les microplastiques sont aujourd'hui omniprésents dans la colonne d’eau, les sédiments, les zones côtières comme dans les grandes profondeurs. Les scientifiques ont démontré leurs effets sur la croissance, l’alimentation et la reproduction de nombreuses espèces marines. Au sein des réseaux trophiques, le plancton, les poissons et les crustacés ingèrent quotidiennement des micro-plastiques, facilitant ainsi leur transfert et leur bioaccumulation. En consommant des produits de la mer, l’être humain s’expose à son tour à ces particules qui s’accumulent dans l’organisme. Des études scientifiques estiment qu’une personne peut ingérer jusqu’à 55 000 particules de microplastiques chaque année via la consommation de produits de la mer (Danopoulos et al., 2020). On retrouve également de plus en plus de micro-plastiques dans le sel marin de table, faute d’amélioration du système de recyclage des déchets (Karami et al., 2017). Une fois dans le corps humain, les micro-plastiques se retrouvent dans différents tissus et organes, en particulier les poumons, le foie et à travers le sang. En raison de leur taille extrêmement petite, les nano-plastiques sont particulièrement difficiles à filtrer par l’organisme et finissent par franchir les barrières biologiques. Des études récentes révèlent qu'ils peuvent atteindre les reins, le placenta, les testicules ou encore certaines zones du cerveau (Sénat, 2024). Entre 2016 et 2024, les concentrations de micro et nano-plastiques détectées dans le cerveau humain ont augmenté de plus de 50% (Nihart et al., 2025), un constat préoccupant laissant supposer une exposition croissante et généralisée du plastique dans nos organismes. Une bombe à retardement pour la santé Les conséquences de cette exposition au plastique sont de plus en plus étudiées et mieux documentées par les scientifiques. Plusieurs effets potentiels sur la santé ont été démontrés (Kovacs et al., 2025) : inflammations chroniques, altération du microbiote intestinal, troubles respiratoires, augmentation du risque cardiovasculaire… D’autres études révèlent que certains polymères plastiques pourraient favoriser des mécanismes impliqués dans les maladies neurodégénératives, et que les microplastiques engendrent un vieillissement accéléré des cellules (stress oxydatif), mais aussi des perturbations hormonales et des dommages de l’ADN (La Porta et al., 2023). Sur le long terme, tous ces facteurs peuvent favoriser l’apparition de cancers. A cela s’ajoute la question des substances chimiques incorporées au plastique. Sur plus de 16 000 composés chimiques utilisés dans leur fabrication (France Info, 2025), près de 4 000 produits chimiques sont considérés comme préoccupants car toxiques, persistants ou bioaccumulables (Monclús et al., 2024). Parmi les plus connus, on retrouve le bisphénol A (BPA) (bonbonnes d'eau, boîtes de conserves, canettes, biberons…), certains phtalates (emballages alimentaires, jouets, revêtements de sol en vinyle, produits cosmétiques, produits d'entretien ménagers, peintures…) ou encore les retardateurs de flamme bromés utilisés comme anti-inflammables. Ces substances chimiques sont détectées en grande quantité dans l’Océan et s’infiltrent dans les organismes vivants. Chez l’être humain, ces substances nous parviennent également via leur migration progressive vers les aliments et les boissons, surtout lorsque le plastique est chauffé, rayé ou utilisé sur une longue durée. En tant que perturbateurs endocriniens, elles sont responsables d’effets nocifs sur la santé, causant des troubles de la fertilité, des dérèglements thyroïdiens, et des maladies comme l’obésité et le diabète. Des risques accrus pour les plus sensibles Si l’ensemble de la population est concerné, certains groupes sont particulièrement touchés : les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires (Trasande et al., 2025). Des chercheurs ont retrouvé des microplastiques dans le placenta et le lait maternel, confirmant que l’exposition peut commencer bien avant la naissance. A ce moment-là, l’organisme est particulièrement sensible aux substances chimiques, ce qui peut provoquer des problèmes de développement au niveau du système hormonal et du cerveau (Anifowoshe et al., 2025) Face à cette pollution invisible, certains gestes du quotidien permettent de limiter la contamination, et sont particulièrement importants pendant la grossesse et la petite enfance (No Plastic In My Sea, 2025) : Éviter de réchauffer les aliments dans des contenants en plastique, Limiter un maximum le contact du plastique avec les boissons chaudes ou les aliments gras, Privilégier le verre, l’inox ou le bois pour cuisiner et conserver les aliments, Réduire l’usage des produits en plastique jetable, Être attentif aux substances chimiques mentionnées sur les étiquettes, Être vigilant face aux plastiques dits “biodégradables” qui libèrent eux aussi des microplastiques et des substances chimiques dans les sols et les milieux aquatiques (De Sadeleer and Woodhouse, 2024). Pour la consommation de poisson, il faut varier les espèces consommées. Les prédateurs supérieurs sont davantage contaminés par les polluants chimiques à cause de la bioaccumulation. Il vaut alors mieux privilégier les petits poissons, comme les sardines ou les anchois. Adapter son comportement et ses modes de consommation est essentiel pour préserver sa santé, mais également pour limiter la contamination de l’environnement et de l’Océan. La plastisphère, de l’urgence mondiale à l’action localE A l’échelle globale, les enjeux dépassent les comportements individuels. La production mondiale de plastique a déjà doublé depuis l’an 2000, atteignant environ 460 millions de tonnes par an (OCDE, Global Plastic Outlook, 2022). Sans changement de trajectoire, elle devrait quasiment tripler d’ici 2060 et dépasser 1,3 milliards de tonnes. Une étude récente estime que 83 millions d’années de vie en bonne santé seront perdues d’ici 2040 si la production de plastique se maintient à son rythme actuel. Des actions combinées comme la réduction de la production et l'amélioration de la gestion des déchets pourraient atténuer jusqu’à 43% ces impacts (INRAE, 2026). L’échec des négociations du Sommet de Genève sur la pollution plastique rappelle l’urgence d’un accord mondial pour éviter que la consommation mondiale de plastique ne triple d’ici 2060 (Dignac et al., 2025). À ce jour, aucune date définitive n’a encore été officiellement annoncée par le Programme des Nations unies pour l’environnement pour la prochaine session formelle de négociation (souvent évoquée comme « INC-5.4 »). Retrouvez notre webinaire du 23 juillet 2025 : Chacun de nous peut agir à son échelle : limiter les emballages, plastique à usage unique, laver son linge polyester à 30 degrés, ou encore participer à une collecte de déchets près de chez vous. Grâce à vous et aux associations de notre réseau Un Geste pour la mer, en 2025, nous avons rendu possible 2 359 collectes de déchets par les acteurs du réseau, 115 067 personnes ont été mobilisées et 479 tonnes de déchets collectées. Collecte de déchets avec l'équipe de Samboat Vous pouvez également nous soutenir pour que nous puissions poursuivre et amplifier nos actions pour lutter contre les pollutions, préserver la biodiversité marine et promouvoir une gestion durable des ressources halieutiques. Retrouvez toutes nos actions pour lutter contre la pollution plastique sur le site de la Fondation de la Mer. Vous avez aimé cet article ? Recevez nos articles tous les mois ainsi que les actualités liées à l'Océan dans votre boîte mail, inscrivez-vous à notre newsletter ! 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