Accueil> Toutes nos actualités>Les zones humides : des refuges pour la biodiversité Les zones humides : des refuges pour la biodiversité Retour vers « les actualités » Article publié le 30/09/2026 Situées à l’interface entre l’Océan et le continent, les zones humides du littoral sont des espaces d’une grande diversité, rendues aujourd’hui vulnérables par les activités humaines. Découvrez les actions de terrain soutenues par la Fondation de la Mer pour protéger ces écosystèmes essentiels. Les multiples fonctions des zones humides Les zones humides marines regroupent des milieux très variés soumis à l’influence des marées ou des eaux marines. Il peut s’agir de marais littoraux, de prés salés, de lagunes, d’estuaires, de mangroves ou encore d’herbiers marins ("les étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas six mètres" appartiennent eux aussi, selon la définition Ramsar, aux zones humides). Ces écosystèmes sont des zones de transition indispensables entre terre et mer, à même de réguler le cycle de l’eau, de protéger les côtes et de maintenir une riche biodiversité (Convention de Ramsar, 2021, Convention sur la Diversité Biologique, 2009). Classées parmi les écosystèmes les plus productifs de la planète, les zones humides marines fournissent de nombreux services essentiels aux sociétés humaines. Elles participent à la régulation des flux d’eau, à la filtration naturelle des polluants, à la protection contre les submersions marines et à la stabilisation des côtes en limitant l’érosion. Elles sont aussi utiles pour les activités de pêche et le développement du tourisme durable fondé sur la découverte des patrimoines naturels (Convention de Ramsar, 2021). Parallèlement, elles sont à la fois un lieu de reproduction, de repos et d’alimentation pour de nombreuses espèces, notamment pour les oiseaux. Inondées régulièrement par les eaux et les marées, les mangroves, les marais et les prairies sous-marines captent et stockent le carbone dans leurs sédiments jusqu’à 55 fois plus vite que les forêts tropicales humide, faisant de ces zones humides des acteurs majeurs dans l’atténuation du changement climatique (Convention sur la Diversité Biologique, 2009). Ce carbone peut être conservé pendant plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’années lorsque les habitats restent préservés. Des ÉCOSYSTÈMES FRAGILISÉS Malgré leur rôle écologique majeur, les zones humides figurent parmi les écosystèmes ayant connu les plus fortes pertes au cours des dernières décennies. A l’échelle mondiale, environ 35% des zones humides ont disparu entre 1970 et 2015, soit un rythme de disparition 3 fois supérieur à celui des forêts (Convention de Ramsar, 2021). Les causes sont multiples et liées aux activités anthropiques : artificialisation du littoral, urbanisation, agriculture intensive, drainage des terres humides, pollution marine ou encore développement d’infrastructures côtières. Ces pressions engendrent une fragmentation des habitats et réduisent considérablement leur capacité à assurer leurs fonctions écologiques. La pollution par les macrodéchets et le plastique fait partie des menaces croissantes pour ces écosystèmes. Ces déchets sont transportés par les cours d’eau jusque dans les zones humides littorales et sont en contact direct avec la faune marine. Au sein des réseaux trophiques, de nombreuses espèces ingèrent quotidiennement du plastique, ce qui facilite leur transfert pas bioaccumulation. De plus, l'enchevêtrement dans les déchets plastiques peut être dangereux pour les populations côtoyant les zones humides. En France, l’état de conservation des zones humides littorales reste préoccupant. Entre 2010 et 2022, parmi les 73 sites humides évalués sur le littoral métropolitain et ultramarin, 36% ont vu leur état écologique se dégrader (Ministère de la Transition Écologique, 2024). Les territoires les plus touchés sont les façades Manche Est/Mer du Nord, Atlantique Nord, Atlantique Sud et plusieurs territoires ultramarins (Ministère de la Transition Écologique, 2024). Il est alors primordial de restaurer ces zones humides pour retrouver les fonctions écologiques perdues, renforcer la résilience des territoires face aux risques climatiques et préserver la faune qui y vit. La baie de Somme et ses bancs de sable à marée basse pendant les grandes marées La France s’est engagée depuis plusieurs décennies dans la protection de ces milieux naturels à travers la Convention Ramsar en comptabilisant aujourd’hui 57 sites Ramsar, soit plus de 3,9 millions d’hectares en métropole et en Outre-Mer (Association Ramsar France, Convention sur la Diversité Biologique, 2009). eXEMPLES D'ACTIONS SUR LE TERRAIN, LES DÉPOLLUTIONS DE ZONES HUMIDES Face aux nombreuses menaces pesant sur les zones humides marines, il est important de mettre en avant le rôle primordial des actions locales de restauration et de sensibilisation. À travers son réseau Un Geste Pour La Mer, la Fondation de la Mer accompagne des projets portés par des associations et des acteurs territoriaux engagés dans la protection des écosystèmes marins et littoraux. Deux projets qui illustrent parfaitement cette mobilisation : les actions menées par l’association Explore & Preserve et le programme porté par le Syndicat mixte de la Ria d'Étel. Préserver les Salins d’Hyères face à la pollution plastique Situés sur le littoral méditerranéen, les Salins d’Hyères sont l’une des zones humides les plus remarquables du Sud de la France. Ancien site de production de sel, cet espace naturel accueille aujourd’hui une mosaïque d’habitats comprenant lagunes, étangs, sansouïres et marais littoraux. Tous ces milieux naturels jouent un rôle majeur pour la biodiversité méditerranéenne en hébergeant de nombreuses espèces d’oiseaux. Dans le cadre du programme Un Geste Pour La Mer de la Fondation de la Mer, l’association Explore & Preserve mène des actions de préservation environnementale sur le site, en collaborant avec les gestionnaires des Salins d’Hyères, d’autres associations locales et les acteurs du territoire. L'objectif est de réduire l’impact des déchets abandonnés via des opérations citoyennes de collecte de déchets terrestres et nautiques. Au fil des années, plus de 5 tonnes de déchets sauvages ont été retirées grâce à la mobilisation de plus de 400 bénévoles. Ces opérations permettent également de mieux comprendre l’origine des pollutions présentes sur le site. Chaque collecte fait l’objet d’un travail de caractérisation des déchets (tri, pesée, comptage et analyse des objets), ce qui permet d'identifier les principales sources de pollutions et d’adapter les futures actions de prévention. Parallèlement, ces actions sont essentielles pour sensibiliser les populations locales. Elles permettent de rappeler le rôle essentiel des zones humides et l’impact des déchets plastiques sur les espèces marines. Chaque collecte permet d’éviter que les déchets ne finissent dans la mer. Restaurer les prés salés de la Ria d’Étel face aux espèces invasives En Bretagne, la Ria d’Étel est un autre exemple de zone humide littorale remarquable. Ce bras de mer pénètre dans les terres sur près de 15 km et forme un ensemble d’habitats particulièrement riches, mêlant milieux marins, estuariens et terrestres. Classée site Natura 2000, la Ria d’Étel abrite des habitats naturels reconnus pour leur importance écologique à l’échelle européenne. Le site couvre plus de 4200 hectares et comprend notamment près de 245 hectares de prés salés d’intérêt communautaire, des milieux rares et menacés nécessitant des actions spécifiques de conservation. L’une des principales menaces est la prolifération du Baccharis halimifolia, un arbuste originaire d’Amérique du Nord qui a été introduit sur le littoral français et qui colonise aujourd’hui certains secteurs de prés salés. Le développement de cette plante modifie la composition des communautés végétales locales, réduisant les habitats disponibles pour certaines espèces, et perturbant le fonctionnement naturel des écosystèmes côtiers. Pour pallier ce problème, le Syndicat mixte de la Ria d’Étel soutenu par la Fondation de la Mer porte le programme “Mobilisons-nous pour la Ria”, un projet visant à restaurer les secteurs de prés salés dégradés. Grâce à la mise en place de chantiers participatifs organisés par des locaux, des bénévoles et des établissement scolaires, plusieurs interventions ont permis d’arracher les plants de Baccharis, limitant ainsi leur recolonisation. Un suivi régulier est également effectué pour veiller à la bonne restauration des zones d’intervention. La Fondation de la Mer accompagne des initiatives locales qui démontrent qu’une mobilisation collective peut contribuer concrètement à la protection de ces écosystèmes essentiels. Vous avez aimé cet article ? 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