Article publié le 21/10/2026

La 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17) s’est ouverte ce lundi 19 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Selon un rapport de Greenpeace paru le  même jour, "au rythme actuel de mise en place des mesures de protection, il faudrait environ 265 ans à la communauté internationale pour protéger intégralement 30 % des océans".

Dans ce contexte, quelles sont les principales annonces de cette COP17 ? Les responsables politiques sont-ils à la hauteur des enjeux de protection de la biodiversité marine ? Faisons le point ensemble.

Une biodiversité marine plus menacée que jamais

En amont de la Conférence, le WWF a publié son rapport sur l’Indice Planète vivante.
Le chiffre à retenir : sur 35 083 populations de vertébrés sauvages suivies entre 1970 et 2022, la taille moyenne a diminué de 73%. Avec des déclins de 85 % pour les espèces d’eau douce et de 56 % pour les espèces marines.

Comme le rappelle Our World in Data, ce chiffre de 73% ne correspond pas à la part d’espèces en déclin. L’indice est calculé à partir de la moyenne des taux de variation observés pour chaque population, qu’elle augmente, reste stable ou diminue. Une espèce ayant subi un fort déclin pèse donc lourdement sur le résultat, et inversement. En réalité, on estime que 50 % des espèces sont en déclin, 43 % en augmentation et 7 % stables.

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Plus tôt dans l’année, le baromètre Starfish, rapport annuel sur l’état de l’Océan coordonné par Marina Lévy, océanographe, directrice de recherche au CNRS et membre du conseil scientifique de la Fondation de la Mer, dressait lui aussi un bilan défavorable. Selon ce rapport, le nombre d’espèces marines menacées d’extinction s’élève désormais à 1 685, tandis que les pressions humaines sur l’Océan continuent de s’intensifier. Parmi ces espèces menacées, 293 sont classées en danger critique d’extinction, 660 en danger et 732 vulnérables. La population de 1 224 d’entre elles est en déclin.

Vers un renouveau de la coopération internationale

La COP17 s’inscrit dans un contexte international particulier. Il faut d’abord souligner que l’Océan n’a jamais occupé une telle place dans l’agenda politique. La troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3), organisée à Nice en juin 2025, a généré une dynamique exceptionnelle en faveur de sa protection. Appuyée par la mobilisation des associations et des organisations, dont la Fondation de la Mer présente sur place, elle a contribué à la ratification du traité sur la biodiversité en haute mer (BBNJ) par plus de 100 pays à ce jour.

Ensuite, alors que certains États se désengagent des traités onusiens et de la science océanique, la gouvernance internationale cherche à se redéfinir. L’accord récemment conclu entre le Canada et l’Union européenne dans le cadre de l’alliance OceanEye, consacré au financement de l’observation océanique, en est une illustration.

L’agenda de la fin de l’année 2026 et du début 2027 sera enfin dense pour la communauté Océan : la COP17 sur la biodiversité en octobre, la COP31 sur le climat en novembre, puis la première COP du traité BBNJ en janvier. Cette séquence offre l’occasion de créer des synergies entre des textes et problématiques trop souvent traités en silos, afin de bâtir une gouvernance véritablement intégrée de l’Océan.

Les objectifs sont définis, place à l’action

Lors des deux dernières COP sur le sujet, les États ont convenu d’objectifs pour protéger la biodiversité. Les 23 cibles à atteindre d’ici 2030 sont rassemblées dans le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMB), adopté lors de la COP15 en 2022. Un premier point d’étape est prévu pour cette COP, le second en 2030 : la COP17 sera donc l’occasion de dresser un premier bilan.

L’une des cibles les plus connues est l’objectif « 30x30 », qui vise la protection de 30 % des surfaces terrestres et marines d’ici 2030. À moins de quatre ans de l’échéance, environ 10 % de l’Océan bénéficie d’un statut de protection, et seulement 3,5 % d’une protection forte, selon la coalition Together for the Ocean. Face à l’absence de progrès significatifs pour l’ensemble des 23 cibles du CMB, la COP17 devra réaffirmer ces engagements, renforcer les moyens de leur mise en œuvre et accompagner les pays dans l’ajustement de leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB).

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Alors que pour chaque dollar investi dans des solutions pour la nature, 30 $ sont dépensés dans des activités qui détruisent des écosystèmes, le financement sera, comme chaque année, au cœur des discussions. En 2015, les pays se sont engagés à mobiliser 200 milliards de dollars par an, toutes sources confondues, pour la biodiversité. Selon l’OCDE, les fonds réunis aujourd’hui se situent entre 78 et 91 milliards de dollars, soit un déficit pouvant atteindre 61 %. Dans un contexte économique difficile, où les bailleurs traditionnels sont sous contrainte budgétaire et où certains se retirent de la politique internationale de protection de la biodiversité, la mobilisation de nouveaux contributeurs publics, comme la Chine, et du secteur privé constitue l’une des pistes explorées.

Agir pour l’Océan avec la Fondation de la Mer

À l’approche de 2030, l’Océan ne peut plus attendre. Comme l’a rappelé lors de son discours d’ouverture le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres : “Nous devons agir avec l'urgence qu'exige ce moment pour nos enfants, pour notre avenir et pour toute la vie sur la planète.”

La Fondation de la Mer mobilise chaque jour acteurs privés, institutionnels et grand public en faveur de la biodiversité marine, en France comme à l’international. Elle conçoit et pilote des programmes à impact pour préserver la biodiversité marine, pour lutter contre la pollution de l’Océan, et gérer durablement les ressources halieutiques.

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Sources :
https://lemarin.ouest-france.fr/sciences-environnement/financements-partage-des-donnees-locean-au-cur-de-nombreux-enjeux-de-la-cop17-sur-la-biodiversite-b4c5331a-ca1b-11f1-ad87-e24a1a2986e9
La presse : COP17 sur la biodiversité en Arménie L’heure du bilan, loin des promesses
Vert : La COP17 sur la biodiversité s’ouvre en Arménie : les États du monde entier font face aux limites de leur action