Article publié le 05/02/2026

Créée en 2005, l’ONG de conservation de la biodiversité Renatura est soutenue par la Fondation de la Mer depuis 4 ans. L’association locale œuvre pour préserver les tortues marines et leurs habitats en République du Congo. Cette région dans l’est-atlantique est particulièrement importante pour les tortues marines puisqu’elle abrite de nombreux sites de ponte, d’alimentation et de croissance pour quatre des sept espèces répertoriées dans le monde : les tortues vertes, imbriquées, luths et olivâtres.

Pêche et tortues marines : le fléau des captures accidentelles

Soutenue par la Fondation de la Mer depuis 2022, Renatura mène des actions de surveillance et d’accompagnement sur le terrain pour protéger les tortues marines de la région, tout en s’investissant dans l’éducation et la sensibilisation à la préservation de l’environnement.

En République du Congo, aux alentours du débarcadère de Songolo, ces espèces sont victimes de braconnage et subissent des pressions liées à la dégradation de leur habitat à cause de l’urbanisation croissante des côtes et de la pollution (hydrocarbures, déchets plastiques, etc.). En parallèle, les communautés côtières dépendent étroitement des ressources halieutiques, la pêche artisanale faisant partie des principales sources de revenus pour ces populations. Les tortues marines se retrouvent très souvent prises au piège dans les filets de pêche, faute de réglementations adaptées pour les pêcheries artisanales. En tant que migrateurs saisonniers, leur capture impacte l’ensemble des écosystèmes marins, et plus largement l’équilibre des océans.

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Copyright © Renatura - Une tortue luth prise dans les filets de pêche d’un pêcheur artisan de la Baie de Loango

Pour pallier ce problème, Renatura a conclu il y a 15 ans un accord avec les pêcheurs volontaires de Songolo : en cas de signalement de captures accidentelles, ces derniers reçoivent une compensation matérielle proportionnelle aux dégâts causés par la tortue marine prise dans leur filet. Cet arrangement a permis de sauver plus de 20 000 tortues marines depuis sa création, et de récolter de précieuses informations sur la présence de ces espèces protégées le long de la côte congolaise. L’ONG mène à bien ce projet aux côtés de l’Association la Bouée Couronne (ABC) qui vise à promouvoir la transparence dans le secteur de la pêche dans la région de Pointe-Noire.

  • Les données recensant les captures accidentelles révèlent une forte concentration de ces incidents dans le Sud de la côte congolaise, notamment dans les zones de pêche artisanale.
  • La préservation et le suivi des captures accidentelles constituent un enjeu majeur : d’après la Liste Rouge de l’UICN à l’échelle mondiale, les tortues olivâtres (Lepidochelys oliviaceae) et les tortues luth (Dermochelys coriacaea) sont classées vulnérables (VU), tandis que la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) est classée en danger critique d’extinction (CR).

De nouveaux chiffres sur le suivi des pontes et des échouages

Renatura organise également le suivi et la protection des plages de pontes des tortues marines contre le braconnage et la prédation (ratons laveurs, crabes, rats, etc.). Entre septembre 2024 et mars 2025, un total de 791 nids ont été observés sur les 15 sites de pontes, entre la frontière avec le Gabon et l’Angola. Des patrouilles diurnes et nocturnes des 48 agents recrutés et formés par l’ONG sont mises en place pour surveiller les lieux de ponte. L’étude de ces sites est précieuse, car elle permet de documenter l’évolution future de ces populations.

Cette année, la région reste le deuxième plus grand site de ponte documenté pour les tortues olivâtres et luth en Afrique Centrale, après le Gabon. Cependant, Renatura a constaté que le total des nids recensés est en baisse depuis plusieurs saisons. Par ailleurs, les données concernant les échouages de tortues marines sont préoccupantes : 413 échouages, dont 319 tortues mortes, ont été enregistrés entre 2024 et 2025 et la tortue olivâtre reste la principale concernée. Les causes sont souvent liées à l’augmentation de la pêche illégale et du développement de la pêche industrielle côtière (chalutage de fond, collision avec les bateaux de pêche, etc.).

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Copyright © Renatura - Suivi des tortues marines sur les sites de pontes

Un enjeu de conservation de taille

Depuis plus de deux décennies, les efforts réalisés par Renatura permettent à la fois d’améliorer la recherche scientifique sur les tortues marines, de les conserver et de servir d’appui aux communautés locales, tout en les sensibilisant aux enjeux de préservation marine. Sa contribution à la connaissance de ces espèces facilite l’appui aux prises de décisions politiques. Grâce à cette mobilisation, la Baie de Loango est en passe de devenir la première réserve marine de la République du Congo.

Tout au long de l’année, l’ensemble du littoral congolais bénéficie d’une surveillance des captures accidentelles de tortues marines, avec un focus particulier sur les principaux sites d’alimentation et de croissance connus pour ces espèces (Baie de Loango et Baie de Kondi). En parallèle de cette étude, des mesures de protection doivent être mises en place afin de répondre au déclin des populations de tortues marines congolaises. Ces mesures doivent ainsi renforcer la protection en mer (régulation des engins de pêche, mise en place d’Aires Marines Protégées) comme à terre (mise en sécurité des nids, lutte contre le braconnage).

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Copyright © Renatura

En soutenant l’ONG Renatura, la Fondation de la Mer participe à la conservation des tortues marines en République du Congo. Ce projet rentre dans le cadre du Programme Tortues Marines de la Fondation de la Mer.

Pour en savoir plus, des informations complémentaires sont disponibles sur le site de Renatura.

Vous pouvez consulter notre article du 1er janvier 2025 : Au chevet des tortues marines en République du Congo.

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