Dauphins échoués dans le Golfe de Gascogne, une problématique mondiale

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Depuis le début du mois de décembre 2022, on compte 370 échouages de dauphins sur la côte atlantique française. Ils sont probablement beaucoup plus nombreux à avoir péri :  tous les cadavres n’arrivent pas jusqu’aux plages, la plupart coulent avant. Selon les scientifiques, ce sont donc au moins 2 000 dauphins qui seraient morts au large des côtes françaises ces deux derniers mois, soit plus de 30 individus par jour. Une mortalité précoce par rapport aux années précédentes.

Les chercheurs de l’Observatoire Pelagis, spécialisés dans l’étude des cétacés, examinent les cadavres retrouvés sur les plages.  La majorité présentait des traces de capture dans un engin de pêche.

Les dauphins échoués sont pour la plupart retrouvés dans le Golfe de Gascogne. Une mortalité qui n’incombe donc pas seulement aux pêcheurs français, navrés de capturer des dauphins qui sont leurs compagnons de mer de toujours, mais aussi à nos voisins espagnols très présents dans la zone. Pour expliquer cette mortalité, nous pouvons aussi nous interroger sur la présence accrue des dauphins à cet endroit : soit ils sont globalement plus nombreux, soit ils s’approchent plus des côtes. 

Selon Philippe Vallette, océanographe et membre du conseil d’administration de la Fondation de la Mer, les causes sont multiples et complexes mais l’une des explications de ces captures accidentelles exponentielles pourrait se trouver à plusieurs milliers de kilomètres de l’hexagone. Le prix du kilo d’anchois importé d’Afrique du Sud est en effet de cinquante centimes. Les pêcheurs français, ne pouvant être compétitifs dans ce secteur, leur préfèrent d’autres poissons. On assiste donc à une prolifération des bancs d’anchois dans le Golfe de Gascogne, attirant les dauphins près des côtes où ils se font plus souvent capturer.

Comme souvent dans les océans, la problématique des dauphins n’est pas seulement locale mais globale. La surpêche d’un côté du globe a des répercussions sur les populations de poissons à l’autre bout du monde. 

Force est de constater que les mesures prises pour protéger les dauphins ne sont pas suffisantes. Les caméras installées sur le pont des bateaux servent plutôt à comptabiliser les prises, et le pinger, répulsif acoustique accroché aux filets pour éloigner les dauphins, a parfois l’effet inverse : il peut avoir un rôle d’appel pour les dauphins qui apprennent vite. 

L’une des voies proposées par Philippe Vallette serait de faire un groupe de gestion de cette question, avec toutes les parties prenantes : ONG, pêcheurs, scientifiques, pouvoirs publics mais aussi les sociétés de ferries, de navires de commerce, les coureurs au large, de whale watching, etc. Pourquoi ne pas faire de cette problématique une opportunité de dialogue entre tous les acteurs concernés ?

L’océanographe souligne également les solutions proposées par la recherche. Les filets de pêche ne sont pas détectés par les sonars des dauphins. Des scientifiques travaillent donc en ce moment sur des filets équipés de générateurs de bulles d’air que les dauphins pourraient ainsi éviter.

On ignore l’impact de cette mortalité sur la population totale des dauphins et les causes de leur présence : sont-ils effectivement plus nombreux ou se sont-ils rapprochés des côtes ? 

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