Biodiversité et exploration : urgence d’une gouvernance de la haute Mer

Tandis que le Président Macron insiste sur l’irréversibilité des Accords de Paris,se déroule à l’ONU à partir du 10 juillet la 4e session de l’accord « visant à instaurer une gouvernance de la haute mer pour protéger sa diversité biologique et l’exploration de ressources de plus en plus convoitée »

La Haute Mer représente 65% des mers

Pourquoi une Gouvernance de la Haute Mer en matière de biodiversité et d’exploration des ressources est elle devenue incontournable?
La Haute Mer représente 65% des mers ; ce sont les espaces au delà des des Zones Économiques Exclusives (ZEE) qui ne sont sous l’autorité d’aucun Etat. Contrairement à ces dernières, il n’existe aucun mécanisme suffisant pour assurer une gestion coordonnée des eaux internationales car la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, datant de 1982 ne pouvait envisager les avancées récentes qui ont permis le développement considérable de la bioprospection de zones vierges d’exploration.


La recherche apporte des découvertes de composés marins bioactifs indispensables. En 1960, les propriétés antivirales et anticancéreuses de la Cryptotheca crypta seront découvertes lors de l’étude de cette éponge des Caraïbes. Ces recherches, leurs brevets puis leur utilisation feront reculer le taux de mortalité des malades atteints de Leucémie, lymphome et VIH.

Le taux de découvertes de molécules d’intérêt est 500 fois supérieur pour les espèces marines que pour les espèces terrestres.

La recherche est en pleine explosion :
Le taux de découvertes de molécules d’intérêt étant 500 fois supérieur pour les espèces marines que pour les espèces terrestres, les universités et les laboratoires se précipitent pour breveter les organismes marins. Les Etats-Unis, l’Allemagne et le Japon sont les leaders dans ce domaine puisqu’ils détiennent à eux trois 70% des brevets déposés.


Aux prélèvements entrainant le risque de perte de biodiversité, s’ajoute désormais la génomique (biologie des organismes à travers leur carte génique).
Au nom de l’équité, les pays en développement insistent sur la nécessité de transferts de technologie pour l’exploitation des ressources de la Haute Mer et le partage de ses bénéfices.

Plus de la moitié des brevets vise des applications biomédicales.

Le champ d’applications est vaste : plus de la moitié des brevets vise des applications biomédicales (55%), les autres domaines sont notamment l’agriculture et l’aquaculture (26%) etc…


Devant l’étendue vierge des abysses qu’il reste à explorer, il est préférable de gérer la conservation de la biodiversité, sa compatibilité avec la brevetabilité des organismes vivants, car au rythme actuel de description des espèces, il faudra entre 250 et 1000 ans pour compléter l’inventaire de la biodiversité marine.


Autant dire que le développement de l’utilisation des ressources génétiques marines ne fait que commencer et qu’il est souhaitable de ne plus laisser la Haute Mer sans législation spécifique dans ces domaines cruciaux.



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